Les chroniques du V8 – chapitre 2 : une C 63 AMG, c’est comment ?

Voici quelques semaines mois, je vous présentais ma dernière acquisition : une Mercedes C 63 AMG Break. Il est temps maintenant de vous mettre au volant (par procuration 😉 ) afin de vous donner quelques impressions de conduite de la bête !

Étonnamment, voilà un exercice dans lequel je suis toujours peu à l’aise, alors que c’est pourtant mon métier : rédiger l’essai de ma voiture ! Alors je vais tenter de rester objectif (bah oui, c’est ma voiture, forcément je l’adore, mais bon), et vous raconter un peu les sensations que procure ce drôle de break.

Évidemment, si j’ai choisi cette auto, c’est avant tout pour son moteur. Un bloc tout simplement magique, comme on en fera plus : énorme, atmosphérique, à la sonorité fabuleuse et plein partout. Aujourd’hui, avec le « downsizing », les moteurs ont moins de caractère. Même le nouveau V8 4.0 biturbo AMG, s’il reste l’un des tous meilleurs du genre, a perdu en charisme ce qu’il a gagné en muscle. Alors que « mon » V8 6.2, lui, chante toujours. Il chante au démarrage (« Ça en fait un boucan » me dit ma femme à chaque fois… que voulez-vous, elle n’est pas mélomane comme moi ! 😉 ), il ronronne en ville, il gronde sur route, il rugit lorsque l’on va titiller la zone rouge. Allez, en bonus, un enregistrement du démarrage dans mon parking (souterrain, ça résonne encore mieux !) :

Ce V8, c’est un compagnon de route, il est toujours là, et c’est magique. Attention, hein, il sait aussi se faire discret : aux allures autoroutières, il somnole vers 2 000 tr/min et se fait totalement inaudible.

Quand je parle de ce moteur, je fais souvent l’analogie avec les V8 des muscle cars américaines : la bande sonore est proche, la vigueur à bas régime aussi. D’ailleurs, le couple ne descend jamais sous les 500 Nm de 2 000 à 6 250 tr/min ! Mais il y a une différence de taille avec un V8 américain : ce bloc AMG adore les hauts régimes. Il sait tout faire : rouler sur le couple, à l’américaine, comme chanter à l’approche de la zone rouge, qui débute à… 7 200 tr/min ! Tout simplement magique. Et, comme tous les moteurs AMG, celui-ci a été assemblé par un seul homme, qui a apposé sa plaque sur les tubulures d’admission. Pour info, le mien a été assemblé par Torsten. Torsten, si tu me lis, merci pour le boulot ! Vielen dank !

Ma voiture date de 2009, et si son moteur n’a pas pris une ride, ce n’est pas tout à fait le cas de sa boîte de vitesses. Il s’agit en effet d’une très classique transmission automatique à convertisseur hydraulique, remaniée par AMG. Elle propose quand même trois modes (Confort, Sport et Manuel) et des palettes au volant. À vrai dire, j’utilise peu ces dernières, car par rapport aux boîtes à double embrayage modernes, ou même à l’excellente transmission ZF à 8 rapports que l’on retrouve sur plein de modèles récents, la mienne manque de réactivité. Autant la laisser se débrouiller comme une grande, les modes Confort et Sport étant particulièrement bien gérés.

Alors, cette C 63 AMG, c’est juste un beau moteur ? Heureusement non : le châssis n’est pas mal non plus. Cette génération de Classe C (W204) a en effet été la première pour laquelle AMG a été impliqué dès le développement du véhicule. Si bien qu’ils ont eu plus de latitude pour imposer leurs choix en matière de liaisons au sol. Le changement le plus flagrant concerne la voie avant, élargie de 35 mm : les ailes bodybuildées sont impressionnantes ! Tout a été revu : lois d’amortissement, barres anti-roulis, direction, cales élastiques. Si bien que la C 63 AMG se montre étonnamment agile pour un engin de ce gabarit (et de ce poids : 1 795 kg à vide officiellement, 1 843 kg selon les mesures de Sport Auto à l’époque). Il faut dire que la masse est bien répartie, malgré le gros V8 : 52 % à l’avant, 48 % à l’arrière. Ajoutez-y une direction parfaite, avec un bon dosage de l’effort, de bonnes sensations et une démultiplication plutôt directe, et vous obtenez un engin étonnant sur petites routes. En revanche, l’amortissement (non piloté) est ferme. Un peu trop ferme pour les routes défoncées du Vexin, par exemple ! La C 63 AMG préfère les bitumes bien égalisés, où elle conservera le cap et passera sans (trop de) problème(s) la puissance au sol. Ou éventuellement l’asphalte d’un circuit, mais ça, j’y reviendrai dans un prochain épisode 😉

Alors bien sûr, ma voiture n’est pas parfaite. Le côté ferme des suspensions (d’autant que j’ai le Pack Performance, qui les raffermit encore un peu) est parfois un peu fatigant. La consommation est évidemment très élevée (au dernier pointage, j’en suis à 16,7 l/100 km… de moyenne !), ce qui est d’autant plus gênant que le réservoir est plutôt petit (66 litres… soit en gros 400 km d’autonomie à tout casser). Les coûts d’entretien sont en rapport avec les performances (ça aussi, j’y reviendrai !). Et ce break n’a pas un coffre gigantesque non plus (485 dm3). Mais c’est quand même un engin diaboliquement envoûtant, capable d’à peu près tout faire, avec comme musique de fond le rugissement du V8 AMG. Si ce n’est pas le bonheur, ça y ressemble fort 🙂

Merci à Yann pour son aide précieuse lors de la réalisation des photos 🙂

A propos Vincent Desmonts 94 Articles
Je suis journaliste automobile depuis plus de quinze ans, et collabore actuellement avec Auto Plus, Motorlegend.com, l'Auto-Journal, Sport Auto Classiques...

2 Commentaires

  1. C’est effectivement une des meilleurs voitures que j’ai eu: fun au quotidien, outil à tout faire et un bruit (une mélodie) à se damner. C’était un break FL avec la nouvelle boite et suspension qui résolvaient une bonne partie des critiques de la votre.
    C’est plus le petit réservoir que la console qui m’irritait mais quel pied au quotidien. Sur circuit aussi mais en sachant qu’on allait surtout drifter et pas être efficace.

    J’ai eu la nouvelle Biturbo à dispo pendant 08 jours et pu constaté son « Audification », plus efficace et rapide, moins gourmande mais une grosse partie de la magie a disparue et le bruit complètement artificiel, qui peut plaire….quand on a pas l’ancienne à coté en comparaison.

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