Perle rare : l’Aston Martin DB5

Aston Martin DB5
Photo © Vincent Desmonts
Aston Martin DB5
Photo © Vincent Desmonts

Ce dimanche matin, bravant la grisaille et le dur passage à l’heure d’été, je me suis rendu dans les Yvelines afin d’admirer quelques belles mécaniques au rassemblement mensuel de l’OthoiryClub. Un club très « œcuménique », dirons-nous, puisqu’il réunit des propriétaires d’autos de toutes époques et de toutes marques. Mais ce dimanche, les collectionneurs d’Aston Martin étaient venus en nombre ! Et parmi les voitures exposées, la plus célèbre des stars automobiles du cinéma (d’accord, à égalité avec la Ford Mustang de Bullitt !) : l’Aston Martin DB5.

De Goldfinger (1964) à Casino Royale (2006), l’Aston Martin DB5 aura été le plus beau des gadgets mis à la disposition de James Bond 007. On connaît tous sa plaque pare-balles rétractable à l’arrière, ses jets d’huile destinés à semer les poursuivants ou encore ses moyeux de roue télescopiques se transformant en meuleuses. Mais quand bien même les producteurs de Goldfinger auraient choisi une toute autre voiture, la DB5 mériterait tout de même qu’on s’y intéresse, tant elle est emblématique de l’âge d’or d’Aston Martin.

La marque fut fondée en 1913, non pas par Messieurs Aston et Martin, mais par Lionel Martin et… Robert Bamford. Le premier participant régulièrement à des courses sur le circuit d’Aston Hill, il donna à ses autos le nom « Aston Martin ». Mais patatras ! La première guerre mondiale éclate, appelant Martin et Bamford sous les drapeaux. Le duo se reforme après-guerre… mais pas longtemps : en 1920, Bamford quitte la maison, suivi 6 ans plus tard par Lionel Martin. Période troublée pour Aston Martin, qui passe de mains en mains, connaît plusieurs faillites, est sauvée à chaque fois par quelques riches mécènes. Une histoire en pointillés, qui explique qu’alors que la seconde guerre mondiale éclate, Aston Martin n’a produit en tout et pour tout qu’environ 700 voitures, principalement des sportives biplaces découvertes, performantes mais rudimentaires.

En 1947, un certain David Brown feuillette le Times. Ayant fait fortune dans les tracteurs, Brown a un peu de sous de côté et cherche où les investir. Au milieu des petites annonces de voitures, d’appartements et de maisons, une offre retient son attention : « Vends entreprise automobile de grande classe ». Il s’agit d’Aston Martin ! Brown acquiert la société pour 20 500 livres, puis s’offre également la marque Lagonda et le carrossier Tickford. Avec ce trio, Brown recentre Aston Martin vers le haut de gamme et le Grand Tourisme, en lançant toute une série de modèles estampillés de ses initiales : D.B. À la DB2 de 1950 succède la DB2/4 en 1953, puis la DB Mark III en 1957, la DB4 en 1958 et enfin la DB5 en 1963. À chaque génération, la puissance et les performances augmentent : si la DB2 embarquait un moteur 2,6 litres de 105 chevaux, la DB5 affiche un 4 litres de 282 chevaux !

Le choix d’une telle auto pour l’agent 007 était bien vu : comme James Bond, l’Aston Martin DB5 est une athlète en tenue de soirée. Capable d’atteindre 233 km/h, elle offrait un raffinement technique rare, avec ses freins à disque aux quatre roues et sa boîte à cinq rapports tous synchronisés. Sa carrosserie était bâtie selon le principe superleggera breveté par le carrossier italien Touring : une fine « peau » en alliage de magnésium revêt un cadre de tubes en acier. Une technique permettant de contenir le poids, mais extrêmement coûteuse sur le plan de la fabrication.

La DB5 sera produite jusqu’en 1965, à un total de 983 exemplaires. Elle ne marquera pas la fin de la série des Aston DB, qui continuera avec les DB6 et DBS, mais elle incarne l’apogée de la lignée. Mêlant beauté des lignes et élégance technologique, la DB5 est aujourd’hui une valeur sûre pour laquelle les collectionneurs sont prêts à débourser plus de 200 000 €. En novembre dernier, un amateur américain a même signé un chèque de 2,96 millions d’euros pour s’offrir la vraie DB5 de James Bond !

PJ : Brochure d’époque de l’Aston Martin DB5

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Je suis journaliste automobile depuis plus de quinze ans, et collabore actuellement avec Auto Plus, Motorlegend.com, l'Auto-Journal, Sport Auto Classiques...

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